dimanche 19 juin 2016

16, 17, 18 juin – Juneau (Alaska)

Jeudi matin, nous prenons le bateau « Le Conte » à 8h00 pour nous rendre à Juneau. Le temps est superbement doux, ce qui nous permet de nous installer sur le dernier pont, dans le solarium. 

En route pour Juneau
La sieste dans le solarium
 Encore une fois, les salles de repos et même le pont supérieur sont envahis par les personnes qui ont passé la nuit sur le bateau et, comme il n’y a pas de cabines, ils les ont transformés en dortoirs.  Nous faisons un premier arrêt à Angoon, où un cortège funèbre débarque suivi par une cinquantaine de personnes.  Nous apprenons que le grand-père de cette grande famille est décédé il y a quelques jours et, selon son souhait, il est ramené ici pour être enterré auprès de son épouse.  

La famille accompagne son grand-père sur le lieu de son dernier repos
 Maintenant nous sommes peu nombreux sur le bateau et nous continuons notre route vers le prochain village. Nous rencontrons une dame qui demeure près de San Francisco, mais qui est originaire de Toronto.  Elle a fréquenté l’école secondaire anglaise juste à côté de l’école Étienne-Brûlé à York Mills, qui fait partie du Conseil scolaire où j’ai travaillé de nombreuses années. En plus, dans sa jeunesse, elle a habité à la ville de Québec pendant deux étés pour apprendre le français. Quelle heureuse rencontre!

Nous faisons un autre arrêt de courte durée à Tenakee, un joli petit village le long de la côte, pour embarquer quelques passagers. 

Arrêt à Tenakee
 Plus nous approchons de Juneau, plus les sommets enneigés des montagnes sont nombreux.  Nous commençons à voir quelques maisons au loin et, comme prévu, nous arrivons au quai à 21h30.

Nous nous installons pour trois nuits au camping fédéral Mendenhall Lake. Comme on nous annonce des nuits assez froides, nous sommes bien heureux d’avoir l’eau et l’électricité. Le seul inconvénient est que le bâtiment des douches n’est pas chauffé. Ça va nous prendre du courage pour y aller.

Vendredi matin, en faisant le tour du camping, nous apercevons de l’autre côté du lac, le fameux glacier Mendenhall. Nous en profitons pour l’admirer car il fond d’année en année, en raison des changements climatiques.  Il ne sera sûrement plus le même quand nos petits-enfants viendront le visiter.  

Mendenhall Glacier, vu du camping
 Et pourquoi ne pas aller le voir de plus près.  Nous nous rendons au Centre des visiteurs du Glacier Mendenhall d’où partent plusieurs sentiers de marche.  

Nous partons sur le sentier « Trail of Time » où à quelques endroits on peut voir jusqu’où se rendait le glacier à différentes époques.  Nous partons ensuite sur le sentier « East Glacier » qui monte jusqu’au haut de la chute Nugget. Pour dire le vrai, nous sommes montés jusqu’à ce que Serge aperçoive du caca d’ours dans le sentier. C’est là que nous avons rebroussé chemin.

Nous sentant en terrain sûr, nous partons sur le sentier qui longe la plage jusqu’à la chute Nugget, juste à côté du glacier.  Il y a même un petit iceberg qui flotte devant le glacier.  Sur le chemin du retour, il commence à pleuvoir.  Depuis ce matin que le ciel est gris, nous sommes chanceux d’avoir pu faire quelques randonnées sans se faire mouiller.  




En après-midi, nous nous rendons dans la ville de Juneau. La ville est devenue la capitale de l’Alaska en 1959, déclassant ainsi Sitka qui détenait ce titre jusqu’à cette date. Il y a deux bateaux de croisière accostés au port. C’est donc dire qu’il y a foule en ville.  Nous choisissons d’aller visiter le « Alaska State Museum » qui vient juste de rouvrir ses portes il y a deux jours, à la suite de sa reconstruction. Il y a encore des pièces qui ne sont pas terminées, mais les salles d’exposition sont ouvertes. Dans le hall d’entrée, des nids d’aigle sont perchés au haut d’un arbre qui fait la hauteur des trois étages du musée. A une certaine époque, le gouvernement payait les gens pour tuer les aigles, croyant qu’ils étaient dangereux pour les animaux sur les fermes. Une chance qu’ils ont cessé cette pratique car maintenant l’Alaska peut se vanter d’avoir le plus grand nombre d’aigles en Amérique avec la Floride. 


Le musée a répondu à une question que je me posais depuis longtemps.  Comment les indiens de l’Amérique du Nord sont-ils arrivés ici ? Ils arrivèrent de l’Asie du Nord-Est, en traversant le pont terrestre de la Béringie (Bering Land Bridge) il y a plus de 14,000 ans.  A cette époque, une bande de terre émergeait entre les deux continents quand le niveau des océans était bas.  Pour faire ce voyage, ils apportèrent avec eux les technologies qu’ils avaient développées pour survivre dans le froid du Nord, incluant les vêtements et le type d’habitations. Les indiens de l’intérieur de l’Alaska et de l’ouest du Canada étaient appelés les Athabascans. Ils suivaient les troupeaux de bisons et de caribous ainsi que les oiseaux et les poissons pour assurer leur survie. 

Le musée raconte l’histoire des tribus indiennes de l’Alaska à travers les siècles, allant de l’avant et de l’après l’arrivée des russes et des américains, de la dépossession de leurs terres, de leur assimilation forcée, de la rué vers l’or, de l’attaque des îles aléoutiennes par les japonais durant la 2e guerre, de l’exploitation du pétrole et de la construction des pipelines. C’est un vrai cours d’histoire que cette visite, qui nous fait réfléchir sur le peu de considération et de respect que les conquérants ont eu envers les premières nations qui habitaient notre pays depuis des milliers d’années.

Samedi matin, nous nous rendons à la « Macaulay Salmon Hatchery » (incubateur à œufs de saumon). Comme nous arrivons tôt, nous avons la chance d’avoir une visite privée, en compagnie de quatre autres personnes et d’éviter ainsi la cohue qui suivra lorsque les autobus de touristes des bateaux de croisière arriveront. Max, notre guide, qui est né à l’hôpital juste en face et qui, selon ses dires, n’a pas eu à aller bien loin pour se trouver un emploi, nous explique comment fonctionnent les incubateurs à œufs de saumon, qui sont la clé de l’économie en Alaska.  Les œufs proviennent des saumons matures qui reviennent à leur rivière d’origine, dans ce cas-ci à leur incubateur d’origine, pour s’y reproduire avant de mourir. 

Comment savent-ils où ils sont nés ? Après la fécondation des œufs avec le sperme des mâles, et croyez-moi il n’y a rien de romantique dans ce processus, les œufs sont gardés dans des incubateurs pour se développer durant tout l’automne et l’hiver; ils passent du stage d’œuf à alevin.  Les jeunes saumons sont gardés dans des bassins à l’eau salée pendant 1 à 3 mois, durant lesquelles ils grossissent et analysent l’odeur et la composition de l’eau et de leur environnement, ce qui leur permettra de se rappeler de l’endroit de leur naissance. Ils sont ensuite relâchés à la fin du printemps dans la mer où ils passeront de 1 à 5 ans avant de revenir pour se reproduire, de la fin à de juin à septembre, et mourir.

L’avantage des incubateurs est l’augmentation des chances de survie des saumons qui est de 95% dans les incubateurs comparativement à 10% dans la nature.  Ce précédé de « ocean ranching » permet de relâcher un surplus de 130 millions de saumons chaque année et permet ainsi aux pêcheurs d’Alaska de continuer la pêche commerciale, sportive et de subsistance.  

Il n'y a pas que nous qui aimons le saumon
 Cette fin de semaine-ci, les habitants de l’Ile Douglas, en face de Juneau, célèbre leur héritage au parc Savikko. L’événement s’appelle « Gold Rush Days » et c’est là que nous nous rendons.  Les familles arrivent en grand nombre remplissant rapidement tous les espaces possibles de stationnement.  Déjà les compétitions de mineurs sont commencées, consistant à remplir de sable un wagon de mine à la pelle en un temps record.  Au moment où nous sommes partis, le record des hommes était de 1 minute. IL y aura aussi des compétiteurs pour les femmes et les enfants.  

Le pont de l'Ile Douglas
 

Dimanche,  ce sera au tour des compétitions de bûcherons, que nous manquerons car nous serons en route pour Haines.  Encore là, les hommes, les femmes et les enfants peuvent s’inscrire. 

 

Les compétiteurs font une pause car c’est l’heure d’aller manger.  Sous une immense tente, on trouve toutes les spécialités de la région. Les gens circulent, choisissent et vont s’asseoir au centre où les tables sont installées.  La gaieté règne partout et nous nous mêlons au groupe.  Notre choix va vers la cuisine asiatique servi par Monsieur Chinois en personne, les meilleurs eggs rolls en ville ainsi que de succulentes brochettes de porc ou de poulet BBQ Teriaki.  
Une cabane à patates de l'Alaska


Nous retournons ensuite en ville et empruntons les rues à paliers, qui nous rappellent San Francisco, pour aller visiter la plus vieille  église orthodoxe du sud-est d’Alaska encore utilisée. Le prêtre est à l’intérieur et nous parle de l’histoire de son église et aussi de sa fille qui étudie quelque part aux États-Unis dont il est très fier.  Bravo à l’église orthodoxe pour son ouverture d’esprit.  

L'église orthodoxe russe de Juneau
Tant qu’à être dans les hauteurs, nous continuons notre montée et nous nous rendons au début du « Perseverance Trail ».  C’est là que se trouve aussi le site historique « Last Chance Mining » que nous ne visitons pas; nous aurons la chance de visiter bien d’autres mines.   Nous empruntons plutôt le sentier Perseverance qui monte dans la montagne. A notre grande surprise, nous apprenons que ce sentier fut la première route d’Alaska, construite dans les années 1880 pour améliorer l’accès aux mines du Gold Canyon.  Ayant fait suffisamment d’exercice pour la journée, nous faisons un arrêt à la bibliothèque municipale, puis chez Fred Meyer où Serge trouve enfin les Crab Cakes dont il rêve depuis plusieurs jours.  


Il n'y a plus d'or, la mine est fermée

mercredi 15 juin 2016

15 juin - Sitka (Alaska) 3e jour

Un bateau de croisière est accosté; ça grouille de monde en ville.  Quelle différence avec hier où c’était si paisible.  J’imagine que tous les marchands sont bien heureux de les voir arriver. 

Nous nous rendons à la résidence du premier évêque en Amérique Russe, Innocent, nom qui lui fut donné avec la charge.  Il arriva à Sitka comme évêque en 1841 et sut incorporer à son travail de missionnaire, l’apprentissage des langues des premières nations de l’Alaska, l’enseignement aux enfants créoles, aléoutiens et tlingits et la conservation de la culture locale. Avant d’être nommé évêque, il avait voyagé en tant que prêtre à Sitka et dans les îles aléoutiennes où il établit plusieurs églises et lieux d’enseignement. A cette époque, il était marié et avait six enfants. Dans l’église orthodoxe russe, les prêtes pouvaient se marier mais pas les évêques.  C’est donc après le décès de son épouse qu’il fut nommé évêque.  Cent ans après sa mort, il fut canonisé par l’église orthodoxe russe.  

La demeure de l'évêque orthodoxe-russe
Une icône russe authentique

L'évêque Innocent, jeune et vieux
La chapelle dans la résidence de l'évêque
Après le transfert de l’Alaska aux américains, les prêtres presbytériens sont arrivés, mais leur approche avec les premières nations était différente. Celles-ci devait parler anglais et la conservation de leur culture n’était pas encouragée. Alors la plupart ont choisi de rester fidèle à la religion orthodoxe-russe.

A 11h, nous nous rendons au théâtre des danseurs Naa Kahidi, construit dans le style de la demeure commune d’un clan Tlingit.  Les danseurs sont de toutes les générations et chantent et dansent au son des tam-tams. Le plus comique est le petit, d’à peine deux ans, qui préfère ramper par terre que de danser. Son frère le tire par les pieds pour le ramener. 
 
La troupe de danseurs Tlingit



Tout de suite après le spectacle, nous nous rendons au « Performing Art Center » où la troupe de danseuses russes, New Archangel Dancers, nous offre un spectacle de danses traditionnelles haut en couleur.  Bien qu’aucune des danseuses ne soient russes, elles sont très crédibles, même celles qui interprètent les rôles de garçons. Cette troupe existe depuis 1969 et a pour but de faire revivre la culture russe en Alaska.  À cette époque, aucun homme de Sitka n’avait voulu faire partie de la troupe.  Certains doivent le regretter aujourd’hui devant le succès international que remporte la troupe de danseuses. 

Les danseuses de la troupe New Archangel


Nous terminons notre visite à Sitka au musée Sheldon Jackson qui expose un nombre impressionnant d’artefacts provenant des nations inuits, aléouites et athabascans. C’est le Dr. Sheldon Jackson qui eut l’idée de construire ce musée en 1897 afin de conserver les objets historiques et culturels pour le bienfait des générations futures. C’est une visite à ne pas manquer à Sitka, surtout si l’histoire naturelle et l’ethnologie vous intéressent.  

Vêtements des Aléouites

Habit d'hiver pour enfant
C’est notre dernier jour à Sitka. Jeudi matin nous prenons le bateau pour Juneau où nous arriverons en soirée. D’autres belles histoires sont à venir.

mardi 14 juin 2016

14 juin - Sitka (Alaska) 2e jour

Nous débutons notre journée à Castle Hill qui est chargé d’histoire.  Avant l’arrivée des Russes, c’était un bastion occupé par le clan des Haidas;  puis les Russes arrivèrent et y construisirent le Château Baranov qu’occupèrent les différents dirigeants russes entre 1837 et 1894.  C’est aussi le site où eut lieu le transfert de l’Alaska de la Russie aux États-Unis le 18 octobre 1867.  Mais pourquoi la Russie a-t-elle vendu l’Alaska?  Pour une question d’argent.  Vers 1860, la « Russian-American Company », qui gérait les colonies russes en Alaska, perdait de l’argent. La chasse excessive des loutres de mer avait presqu’anéantit cette espèce. La Russie décida donc de vendre son territoire américain.  Le président américain Andrew Johnson accepta d’acheter l’Alaska pour 7,2 millions de dollars, soit $0,02 l’acre. Ce n’est qu’en 1959 que l’Alaska devint le 49e état américain, après être passé de district à territoire. Aujourd’hui, il n’y a que la colline, deux canons et des drapeaux qui nous rappellent ces événements. Mais nous y avons une vue magnifique sur la ville et le sentier qui nous y conduit est bordée de fleurs. 

De jolis fleurs sur le sentier menant à Castle Hill
Castel Hill, lieu du tranfert de l'Alaska de la Russie aux États-Unis
La vue du haut de Castel Hill, au loin la cathédrale russe

Nous traversons le pont pour nous rendre à l’Ile Japonski pour aller dîner sur le bord de l’eau, juste en face de l’Université de l’Alaska du Sud-Est.   Tout en nous gavant de la chaudrée de saumon fumé, achetée à l’épicerie SeaMart, nous regardons passer les bateaux de pêche et les oiseaux volés. 

Le pont pour traverser à l'Ile Japonski

Ici, nous pique-niquons
 En après-midi, nous allons visiter la Forteresse de l’Ours, tout au bout de la route. C’est un organisme à but non-lucratif que s’est donné comme mission de secourir les oursons orphelins.  Ils sont présentement huit ours bruns et noirs à vivre dans cet environnement et ils ne retourneront jamais dans leur habitat naturel car le programme de réinsertion n’existe pas encore en Alaska.  Plusieurs sont des frères et sœurs et partagent les mêmes jeux.  Pour ne pas augmenter la population, les mâles ont été rendus stériles. 

Smokey, Bandit et Tuliaan

Le plus espiègle des trois et aussi le plus gourmand
Il doit bien y avoir de la nourriture là-dedans!



Avez-vous quelque chose pour moi?
Lorsque le gardien nourrit les ours, les aigles à tête blanche rodent autour et attrape au vol les morceaux de poisson qu’on leur lance, ce qui nous donne l’occasion de voir un ballet de voltige dans les airs. 

Les aigles attendent le prochain service

J'en ai attrapé un morceau, c'est à ton tour

13 juin – Sitka (Alaska) 1er jour

Nous sommes installés juste à côté du traversier à Sportsman RV Park. Ça n’a rien d’un RV Park conventionnel, mais nous avons la vue sur la mer, les trois services, des toilettes et des douches chauffées et le WIFI à haute vitesse, ce qui nous surprend dans un endroit si loin de tout.

En nous dirigeant vers la ville, nous voyons annoncer « Sea Market ». Donc ce sera notre premier arrêt; nous y achetons de la bisque de crabe pour le midi et du saumon King pour le souper.  Nous regardons avec appétit le flétan (halibut), que nous viendrons chercher demain pour un autre souper. A Sitka, c’est le poisson en abondance, surtout en cette période l’année.

Vous aimeriez que je vous parle un peu de l’histoire de Sitka?  Les premiers habitants étaient les Tlingits installés dans la région depuis des milliers d’années, vivant confortablement de ce que la mer leur procurait et développant une riche culture. Les Russes arrivèrent en 1799 à la recherche des loutres de mer pour le commerce des fourrures. Après plusieurs batailles avec les Tlingits, les Russes établirent finalement une colonie en 1804 qu’ils nommèrent « New Archangel » et qui devint la capitale de la Russie américaine et la ville la plus peuplée de la côte ouest. Les Tlingits réussirent cependant à conserver leur riche culture que nous voyons partout dans la ville.

Comme l’île n’a que 22 kilomètres de long, nous arrivons rapidement au centre-ville. Nous nous rendons au Alaska Raptor Center. Non, Thierry, il n’y a pas d’équipe de basketball ici. C’est plutôt un hôpital et un centre de réhabilitation pour oiseaux de proie blessés. A chaque année, ils accueillent 100 à 200 oiseaux blessés par des armes à feu, des collisions avec des voitures ou électrocutés. Pour certains, les blessures sont tellement graves qu’ils ne peuvent plus retourner dans la nature.  Ils sont donc en Centre d’accueil en permanence. Nous voyons un grand nombre d’aigles à tête blanche, des faucons et des harfangs des neiges. 

Un harfang des neiges nous rend visite

Un bonjour d'un aigle à tête blanche

Nous allons ensuite nous promener dans le parc national historique bordé de 18 totems sculptés et rénovés par les Tlingits, qui dépeignent la vie de leur peuple et honorent les personnages les plus importants. C’est un endroit magique, plein d’histoire et d’une végétation de forêt pluviale abondante. 

Dans le parc historique



Au Centre des sciences, des mollusques multicolores, dans des aquariums ouverts, se laissent toucher par nos doigts. Nos yeux d’adultes sont émerveillés, alors pensez à la réaction des enfants lorsqu’ils les voient et les touchent.  



Comme le soleil brille et que le temps se réchauffe, nous allons marcher le long de la promenade qui borde la marina où sont amarrés les bateaux des pêcheurs.  La plupart reviennent justement de la pêche avec leur cargaison de poissons fraîchement pêchés. Ils ont de gros saumons King, des flétans et des poissons de plus petit format. 

Les pêcheurs sont de retour
Serge et son saumon King
Nous nous rendons jusqu’à la cathédrale St. Michael, construite entre 1844 et 1848 par les Russes, mais elle est fermée.  Peut-être aurons-nous plus de chance de la visiter un autre jour. 

La cathédrale St. Michael
 Le Saumon King que nous avons cuisiné pour souper était savoureux. Je l’ai aromatisé d’épices à  steak de Montréal et arrosé de sirop d’érable.  Un vrai délice!

lundi 13 juin 2016

11,12 juin – Prince Rupert à Sitka (Alaska)

Bien que nous soyons arrivés dans les premiers, vendredi soir, au stationnement du traversier Matanuska, nous avons embarqué dans les derniers. La destination, indiquée sur notre véhicule et sur nos cartes d’embarquement, est Ketchikan, ce qui nous intrigue car nous allons jusqu’à Sitka avec ce même bateau et il est prévu que nous atteignions cette destination dimanche soir vers 18h30. J’avais dû faire deux réservations différentes, soit Prince Rupert à Ketchikan et Ketchikan à Sitka.  Tel que prévu le bateau part à 1h00 a.m. et nous nous rendons chercher la clé de notre cabine. L’agent nous dit que nous avons notre cabine jusqu’à Ketchikan seulement, bien que je l’aie réservée pour toute la durée du voyage.  Il nous dit de nous rendre au terminal de Ketchikan à notre arrivée samedi matin (6h00) pour nous expliquer.  Nous allons vite nous coucher et essayons de nous endormir, sachant que la nuit sera courte. 

Au matin, j’évite de parler à l’agent de la veille et je me dirige vers une employée qui a l’air plus aimable.  Elle ne comprend pas pourquoi la compagnie n’a pas relié les deux réservations, mais elle m’assure que nous pouvons garder notre cabine et que probablement nous n’aurons pas à sortir notre véhicule pour entrer à nouveau.  Elle s’offre à nous accompagner au terminal pour démêler cette histoire. Là-bas, le préposé est aussi perplexe et essaie de modifier les réservations pour n’en faire qu’une, ce qui nous ferait aussi économiser de l’argent.  Mais l’ordinateur n’accepte pas la transaction. La raison semble être que notre réservation entre Prince Rupert et Ketchikan était en Colombie Britannique qui n’offre pas de  tarif spécial pour seniors et que celle de Ketchikan à Sitka, en Alaska, était au tarif réduit pour seniors. Finalement nous obtenons nos cartes d’embarquement jusqu’à Sitka et nous retournons nous coucher. L’arrêt à Ketchikan aura été de 2,5 heures.

Au tableau d’affichage, nous découvrons que le bateau passe par Wrangell et Petersburg où il fait un arrêt de 45 minutes à chaque fois, puis il se rend à Juneau où il fait un arrêt de 6 heures.  Il se rend ensuite à Sitka au sud-ouest.  Voilà pourquoi ce trajet prend 34 heures.  

En route pour l'Alaska
Une rue de Wrangell

Nous arrivons à Petersburg
Entre Ketchikan et Juneau, il n’y a pas beaucoup de monde sur le bateau et nous faisons la connaissance de Ginette qui demeure dans les Laurentides au nord de Montréal. Elle voyage seule et dort dans son auto.  Elle souffre de sclérose en plaques depuis de nombreuses années et cela ne l’empêche pas de réaliser ses rêves; tout un modèle de détermination et de positivisme.  Nous allons pique-niquer dans le solarium chauffé au dernier pont du bateau où se trouvent des chaises longues et nous profitons des quelques heures de soleil de la journée. 


Pour souper, nous tentons notre chance à la cafétéria.  Comment peut-on manger si mal pour si cher! Je m’ennuie de ma cuisine à bord d’Oscar. Nous retournons dans notre cabine que nous trouvons très agréable finalement.  Nous avons la toilette, la douche, deux lits et la vue sur la mer.

On nous avait avertis qu’environ 400 personnes monteraient à bord du  bateau dimanche matin, car c’est la fin du festival culturel « Célébration » tenu à Juneau par les premières nations Tlingit, Haida et Tsimshian.  Pendant que nous allons marcher le long de la route, nous voyons des autobus et des autos arrivés, chargés de passagers et de bagages.  En peu de temps, le bateau est plein et il n’y plus un espace de libre dans les salles de repos et à la cafétéria. Fatigués de leurs quatre jours de célébration, plusieurs personnes sont couchées par terre dans leurs sacs de couchage et d’autres dans les fauteuils avec leurs bagages éparpillés. Comme il pleut et qu’il n’y a pas d’aire de jeux, les enfants dépensent leur énergie dans les couloirs au grand désespoir du personnel. Une chance que nous avions réservé une cabine car c’est là que nous nous réfugions, loin du bruit et du désordre.   

Le gardien de la cloche

vendredi 10 juin 2016

9, 10 juin – Terrace, Prince Rupert (Colombie Britannique)

Nous ne faisons aucune visite aujourd’hui car nous avons 500 kilomètres de route à faire jusqu’à Terrace, le long de l’autoroute 16. Sur la route, nous croisons plus de camions de pitounes chargés à pleine capacité que de voitures. Le paysage est vert,  bleu et  blanc; des arbres, des lacs et rivières, ainsi qu’un ciel  bleu avec de jolis nuages  blancs.  Nous traversons des petites villes qui sont vite passées, comme Fraser Lake, Burns Lake, Smithers et New Hazelton. Nous pique-niquons dans cette dernière ville et nous nous souvenons y être venus il y a 18 ans en route pour visiter le  village indien Ksan qui dépeint bien la culture autochtone de l’Ouest Canadien.

Nous nous arrêtons à Moricetown, sur le bord de la rivière Buckley après quatre heures de route, pour nous dégourdir les jambes. C’est peut-être au même endroit que Louise et Richard se sont arrêtés lors de leur voyage dans cette région il y a quelques années.  

Près de la rivière Buckley
Nous arrivons à Lakelse Lake Provincial Park vers 15h00. Le camping est paisible et sur le bord du lac. Nous nous installons sur un site ensoleillé, entouré d’arbres. Serge, qui a trouvé la route endormante, en profite pour faire une sieste, pendant que je vais me promener dans le parc.

Vendredi, nous prenons la route pour Prince Rupert qui longe la rivière Skeena. Ce sera notre dernier arrêt avant de prendre le bateau pour l’Alaska.  Comme nous devons être en ligne au stationnement du traversier vers 22h00  pour se rendre à Ketchikan, nous avons amplement le temps pour nos derniers préparatifs.  Il est temps d’aller au Lavomat car les serviettes et les draps ont grand besoin d’être rafraîchis, Oscar est dû pour un changement d’huile et Serge est à la recherche de crabe cakes pour notre dernier souper en terre canadienne. Mais en premier lieu, il faut se rendre au bureau du traversier pour récupérer nos cartes d’embarquement et remplir les formulaires nécessaires.  Encore, une fois les règles sont strictes pour les fruits et légumes que nous transportons ainsi que le propane.  Le propane, je peux comprendre, mais pourquoi s’acharnent-ils sur nos petites tomates, nos deux citrons et notre poivron jaune? A l’épicerie, j’ai volé l’étiquette d’un avocat pour le placer sur celui qui se trouve dans notre frigo afin de prouver qu’il vient bien du Mexique.

….. Serge n’a pas trouvé de crabe cakes chez Safeway, il devra se contenter de saumon ou tilapia ce soir.  Nous avons trouvé un joli coin pour pique-niquer sur le bord de l’eau.  Peut-être aurons-nous le temps de faire une sieste sur le stationnement du traversier car notre bateau ne part qu’à 1h00 du matin.


A partir de demain, nous débuterons la 3e partie de notre voyage, L’ALASKA.